14.12.2008
Chloé Mortaud était samedi chez Ruquier, Jacques Attali aussi, mais il est parti fâché

Chloé Mortaud, Miss France 2009, était dans l'émission "On n'est pas couché", animée par Laurent Ruquier, sur France 2. Elle était accompagnée de Sylvie Tellier, directrice du comité Miss France. Geneviève de Fontenay, fâchée avec Laurent Ruquier depuis déjà un moment, n'était pas présente. Son interview a été diffusée en dernier, vers 2 h du matin. Faiblement inspiré, Laurent Ruquier a ironisé sur son nom de famille. Chloé Mortaud avait l'air très détendue et sûre d'elle même.
Jacques Attali s'en va
L'invité précédent, Jacques Attali, intellectuel socialiste, a quitté le fauteuil de l'interview brutalement alors qu'il était interrogé par les deux chroniqueurs Eric Zemmour et Eric Naulleau. Jacques Attali était venu présenter son dernier livre "La crise, et après ?". Des vidéos de l'incident sont disponibles sur Dailymotion.
Pendant près de dix minutes, lors de l'interview par Laurent Ruquier, tout s'est bien passé. Puis Eric Zemmour a expliqué que la stagnation des revenus de la classe moyenne était dû à la mondialisation et à l'immigration.
Réponse sèche d'Attali : "L'immigration n'a rien à voir avec la crise" (à mon avis, Attali a raison). C'est le point de départ d'une première passe d'armes bien animée d'une durée d'environ six minutes.

Puis c'est le tour d'Eric Naulleau qui reproche à Attali de préconiser des solutions libérales dans le rapport sur la modernisation de l'économie française et des solutions socialistes (davantage d'Etat et de règles) pour prévenir ce type de crise dans son dernier livre.
Réponse très dure d'Attali qui reproche à Naulleau de ne pas avoir réellement lu le rapport : "Non, vous ne l'avez pas lu. Du tout. Rien. Ou alors vous êtes stupide. (...) Dès la première page de ce rapport, dès la première page - c'est pour ça que je me suis permis de dire que vous aviez au moins sauté la première page - il est dit qu'il faut plus d'Etat, un Etat plus efficace..."
Puis Laurent Ruquier ajoute "Vous n'avez pas été très suivi avec ce rapport". Réponse désespérée d'Attali : "Mais enfin vous dites n'importe quoi, je crois que je vais m'en aller, là. Cette conversation n'a aucun intérêt. Je m'ennuie et je m'en vais, franchement. Ce rapport : 316 propositions. 217 sont déjà appliquées. Le reste, les autres sauf 18, sont en discussion. Maintenant je m'en vais, bonsoir". Et il s'en va sous les huées du public.
La réponse de Jacques Attali
On trouve sur son blog (cliquez ici) l'explication suivante :
Certains d’entre vous m’ont peut être vu quitter brutalement l’émission « On n’est pas couché » hier soir. J’ai dit pourquoi en partant : je ne vois pas de raison de perdre mon temps, et de faire perdre celui des téléspectateurs en parlant avec des gens qui prétendent commenter mon travail sans le connaître. Je suis parti sans arrogance ni fatigue, ni fureur. Je veux ici apporter les précisions que beaucoup me demandent :
1. J’apprécie énormément l’humour de Laurent Ruquier en particulier son don pour les calembours, cet art si particulier qui rejoint les traditions les plus profondes. Je connais bien Eric Zemmour, il nous est arrivé de déjeuner ensemble et je considère presque comme un ami.
2. J’ai accepté avec plaisir de venir à cette émission. Ce n’était pas la première fois et j’y avais été bien reçu. J’ai pensé que c’était une occasion utile d’expliquer ce que je crois être l’extrême gravité de la crise à venir, ses causes profondes et ce qu’il convient de faire pour la résoudre.
3. Je suis accueilli sur la scène (après avoir attendu plus d’une heure au-delà de l’heure prévue de mon interview, sans que nul ne s’en excuse) par un : « Voilà encore un livre écrit sur la crise par quelqu’un qui ne l’avait pas prévue ». C’est drôle, mais il se trouve que c’est faux. C’était si facile de le savoir. Encore aurait-il fallu préparer l’émission sérieusement.
4. Je me vois ensuite contraint de répondre à quelqu’un qui m’accuse d’avoir volontairement caché la vraie cause de la crise, qui serait l’immigration, parce que cela détruirait ma thèse sur l’importance du nomadisme. C’est drôle, mais il se trouve que c’est faux. C’était si facile de le savoir. Encore aurait il fallu préparer l’émission sérieusement.
5. Je dois ensuite écouter quelqu’un expliquer que je fais dans mon livre un mauvais jeu de mots entre la crise des « bulbes » de tulipes, et les « bulles » financières, je dois l’interrompre pour lui dire que ce jeu de mots ne se trouve pas dans le livre et qu’il vient de l’inventer. Il continue en disant que mon livre contredit le rapport dont j’ai dirigé la rédaction parce que dans l’un je recommande le renforcement de l’Etat, pendant que dans l’autre, nous aurions recommandé sa destruction ; quand je lui réponds que nous disons exactement le contraire dans le rapport, et que livre et rapport sont cohérents, le journaliste reconnaît ne pas l’avoir lu. Là encore : c’est drôle, mais il se trouve que c’est faux. C’était si facile de le savoir. Encore aurait il fallu préparer l’émission sérieusement.
6. Quand un autre journaliste renchérit en disant que de toute façon, ce rapport n’a aucune importance parce que rien n’en a été appliqué. Là encore, C’est drôle, mais il se trouve que c’est faux. C’était si facile de le savoir. Encore aurait il fallu préparer l’émission sérieusement.
7. Les auteurs qui vont dans ces émissions doivent exiger le même traitement que les autres invités, chanteurs ou comédiens : les journalistes et animateurs connaître leur travail avant d’en parler. Ou au moins avoir l’honnêteté de reconnaître qu’ils n’ont pas eu le temps de le lire.
8. La crise, si grave, qui commence, aurait mérité un meilleur traitement.
20:45 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





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